Coronavirus : une décrue historique des émissions de CO2 est-elle amorcée ?

Populations confinées, usines à l’arrêt, aéroports paralysés : le Covid-19, en provoquant une grave crise économique, entraîne un répit pour la planète. Depuis le début de la pandémie, les émissions de gaz à effet de serre et la pollution ont chuté. Une accalmie qui pourrait toutefois n’être que temporaire.

La Chine, premier pollueur mondial, a vu ses émissions s’effondrer d’au moins un quart entre le 3 février et le 1er mars comparé à 2019, selon une estimation du Centre de recherche sur l’énergie et la qualité de l’air publiée sur le site spécialisé Carbon Brief. La pandémie aurait ainsi entraîné une réduction de 200 millions de tonnes des rejets de CO2 du pays sur la période. En cause : une baisse de 15 % à 40 % de la production dans les principaux secteurs industriels, limitant l’utilisation du charbon, du pétrole ou de l’acier.

Le trafic aérien mondial, responsable d’environ 5 % des émissions de gaz à effet de serre, a également diminué de 4,3 % en février, selon le site Flightradar24, en raison de l’annulation de dizaines de milliers de vols vers les zones touchées par la pandémie. 

NO2 et particules fines en baisse en Chine et en Italie

Les émissions de dioxyde d’azote (NO2), un gaz très toxique marqueur de la pollution d’origine automobile et industrielle, ont également chuté en Chine depuis le début de la pandémie. Selon l’observatoire de la Terre de la NASA, elles ont diminué de 10 % à 30 % par rapport à la même époque en 2019, d’abord autour de la ville de Wuhan, l’épicentre de l’épidémie due au nouveau coronavirus, puis dans le reste du pays.

« C’est la première fois que je constate une baisse aussi spectaculaire sur une zone aussi étendue et liée à un événement particulier », commente Fei Liu, chercheuse à la NASA. Une diminution est toujours constatée à cette époque de l’année avec les congés du Nouvel An mais jamais dans de telles proportions.

Lire la suite de l'article sur Lemonde.fr